Transition
Période de transition en vérité. Cela fait trop longtemps que je n’ai pas pris un stylo et un papier – ou tout simplement trop longtemps que je n’ai pas pris le temps de me poser derrière un écran ou devant un clavier pour écrire. J’aimerais dire que c’est parce que l’envie m’en manquait mais c’est faux. J’aimerais dire que je suis trop occupé, mais ce n’est pas complètement vrai. En vérité, je ne le sais pas vraiment moi même. Les période de transitions sont compliquées à appréhender mais ne sont pas insurmontables.
Rien de mieux pour illustrer la transition que de décrire le lieu dans lequel je me trouve alors que j’écris ces lignes. Je suis quelque-part entre Caen et Paris, dans un train à mi chemin entre son point de départ et sa destination (finale ?). Les trains m’ont toujours rendu nostalgiques ou du moins pensif. C’est toujours bercé par le mouvement du wagon que je me plonge dans l’introspection pour tromper l’ennui du trajet.
En cinq mois, il s’en est passé des choses dans ma vie. Étudiant en deuxième année de DUT, pas forcément plus doué que la moyenne mais mille fois plus déterminé et débrouillard, j’ai passé mes examens de fin d’année comme une formalité. J’ai décroché un stage de deux mois (en avril et mai) au sein de la rédaction à Lille d’un magazine féminin en ligne, où j’ai rencontré des gens merveilleux. La vie dans une résidence universitaire a été une vraie découverte pour moi (et presque un traumatisme) mais j’en ai déjà parlé ici, même si j’ai volontairement oublié de raconter l’épisode de la descente policière à 3h du mat’ une nuit. Ce stage a été pour moi une révélation du monde professionnel et un aperçu d’un épanouissement intellectuel que j’attendais depuis longtemps maintenant. Il aurait également pu être un tremplin vers une entrée dans la vie active, que j’ai décliné pour plusieurs raisons que je ne suis pas prêt à aborder maintenant.
Dans le même temps, j’ai affronté mon vingt-deuxième anniversaire (que j’attendais de pied ferme depuis quatre ans, mais j’y reviendrai), ainsi que quelques problèmes de santé – sans importance – (et je n’y reviendrai surement pas). Les deux ont été décevants (car j’y plaçais trop d’espoir) et à l’origine de beaucoup de frustrations. J’avais également depuis un moment, l’envie et l’espoir d’intégrer une licence professionnelle d’informatique à l’école des Gobelins à Paris. Aussi audacieux que puisse paraitre ce projet, ce fût un échec (de plus, difficile à encaisser) et peut-être même une erreur…
…mais de tout échecs, j’essaye de tirer des leçons et j’ai découvert que de petits hasards peuvent naître de chouettes rencontres et de belles opportunités. C’est comme cela que deux mois plus tard, je me retrouve à signer mon premier chèque (de caution), mon premier bail d’appartement et mon premier CDI. Tout le monde sait que trouver un appartement à Paris est une rude épreuve. Je le confirme : j’ai visité aussi bien des taudis, des greniers, des placards à balais, des studios insalubres et mal agencés à des prix exorbitants, comme d’autres logements parfaitement vivables (mais mon dossier n’a malheureusement jamais été retenu).
En attendant, j’ai habité chez un proche qui m’héberge généreusement. Cette solution devait être brève et temporaire. Finalement, j’aurai squatté son canapé beaucoup plus de temps que prévu, non sans culpabilité… J’emménage dans ce nouveau « chez moi » (ces mots sonnent encore pour moi comme irréels), dans une dizaine de jours (et chacune de mes respirations est un long compte à rebours en attendant ce moment).
[note : ce billet a été rédigé le 4 octobre, mais publié le 14 à 23h42]
Je le disais, les périodes de transitions ne sont pas facile (avec leurs lots de décisions importantes à prendre et leurs conséquences sur la vie à court ou moyen terme) mais ne sont pas insurmontables : le corps et l’esprit doivent s’y habituer. Parfois douloureusement, mais le dénouement est souvent synonyme de soulagement. …ou du moins, je l’espère.
L’écriture a pour moi une signification bien particulière. Elle a toujours eu un rôle important dans ma vie a des moments qui restent dans ma mémoire comme des passages clés dans l’affirmation de mon identité. Écrire est l’extension de la lecture qui fût pour moi tour à tour thérapeutique, source de rêve et d’espoir, nourriture de mon imaginaire mais aussi le moyen de mettre des mots sur des sentiments, des émotions, des sensations, et un vécu. Si ma main droite se réchauffe à chaque mouvement de mon stylo, aujourd’hui, c’est pour mieux identifier, réaliser et assumer ce qui m’arrive en ce moment.
Les périodes de transitions sont souvent sources de créativité. J’écris dans l’espoir que cette nouvelle flamme ne s’éteigne pas une fois la transition effectuée (d’autant plus que j’ai pleins d’idées et d’envies en tête).

Après la lecture de ce petit texte sans prétention il me semble, je me dis que ça serait bien que nos destins se croisent vu que tu es à Paris maintenant… (J’ai passé mon BAC à Caen)
A l’occasion, tu sais où me trouver
Bon courage.
courage, c’est bientôt la fin du tunnel.
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Un retour pour cette année 2010?